Parce que la légitimité d’un projet ne s’atteint que lorsqu’il répond à différentes attentes sociales, culturelles, économiques et environnementales, il est important d’associer à sa réalisation des acteurs variés du territoire, complétant par leurs objectifs ceux initiaux portés par la structure. Le projet de Contrat Nature à Bangor répond à cette démarche. L’enjeu environnemental consistant à conserver un paysage diversifié, organisé, structuré, composé d’une mosaïque d’habitats ouverts et boisés et riches en espèces, se devait dès le début du projet d’être complété par des objectifs socio-économiques.
Par l’organisation de plusieurs chantiers, associant des bénévoles, ou des jeunes de différents horizons, ou des personnes en réinsertion, ou des personnes de différents pays ; par la découverte d’un lieu, d’une problématique, d’une volonté d’agir avec l’autre pour le bien commun, pour le partage d’une semaine de vie commune où les travaux de restauration comme les taches communes sont partagés ; par l’association de bellilois et de visiteurs de passage, de bellilois de souche et de bellilois moins de souche aux travaux variés de ce projet ; par le relais existant entre les opérations techniques et les nombreuses activités pédagogiques mises en oeuvre au sein du projet (animations sorties, interventions du club nature), etc, etc, etc il semble que la mission sociale soit en passe d’être traitée.
Pour le volet économique, et afin d’éviter de qualifier tout agriculteur intervenant dans le domaine de la gestion agri-environnementale de jardinier, il était important d’étudier l’intégration au sein d’un système d’exploitation agricole, d’opérations techniques de fauche, de girobroyage, de pâturage, afin de remettre en place une gestion conservatoire au cœur du vallon. Aussi, parce les objectifs de la Municipalité, du CPIE recoupaient très fortement ses objectifs, un contrat a été engagé avec M. Jean-Marc Guégan, agriculteur à Goélan, pour la gestion du vallon. Sa volonté de développer un élevage ovin et bovin de qualité sur un mode extensif basé sur l’usage prioritaire de l’herbe convenait parfaitement à l’entretien que le plan de gestion du vallon prévoyait. Un contrat simple a donc été signé avec le CPIE, afin d’intervenir par des opérations de fauche, de girobroyage et de pâturage, dans les prairies situées au fond du vallon, sous le village de Goélan.
Les interventions ont débuté l’été dernier, et les plus observateurs auront reconnu au sein du vallon une race à viande peu répandue en Bretagne, la salers. Cette race, originaire d’Auvergne, est connue pour la qualité de son lait (le cantal, ça vous dit quelque chose ?) et de sa viande. En acquérant ces vaches, M. Guégan se positionne donc dans une optique de production extensive, originale et de qualité. Gageons que la collaboration entamée cette année s’engage sur un très long terme, et que le cheptel grossisse d’année en année, afin de participer à une autre « consommation d’espace », par les bêtes, et donc à une limitation de la friche par la pâturage à l’avenir à Belle-Ile.